Ensemble pour agir sur les défis agricoles
« Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse » Saint Matthieu 15:14.
Dans un monde complexe, en pleine mutation, mieux vaut garder les yeux ouverts. Être lucide, éclairé et prêt à regarder les difficultés telles qu’elles sont pour les affronter avec discernement.
Ensemble, à l’Ifocap, fidèles à notre raison d’être, nous accompagnons la montée en compétences et la réflexion des responsables professionnels agricoles, des organisations agricoles et des collectifs agricoles. Notre objectif ? L’action ! Agir dans un monde en mouvement. Être au service des agriculteurs confrontés à des défis d’une rare ampleur. C’est un défi en soi.
La posture du leader n’en est que plus complexe… mais aussi plus riche. Elle appelle à davantage de compétences, de discernement, de capacité d’analyse et d’écoute – et d’humilité. De force de conviction et de détermination également.
Les défis sont multiples. Chacun en perçoit l’ampleur, à travers les tensions géopolitiques qui s’imposent à nous – ou qui, plus discrètes, se devinent à travers des signaux faibles qu’il ne faut pas négliger. Les grands équilibres économiques et sociaux sont bousculés. Et les agriculteurs en subissent les conséquences directes, confrontés à des défis économiques et sociaux d’une rare ampleur.
Mais ce n’est pas tout. Ce qui change profondément, ce sont aussi les relations des agriculteurs avec leurs organisations et entre eux. En janvier dernier, 404 000 agriculteurs étaient appelés à voter. Tous ne se sont pas exprimés. Rappelons que 404 000 agriculteurs, cela représente 1,3% des actifs en France – et qu’ils ont formulé des visions parfois très divergentes sur le cap à donner à l’agriculture Française.
Il est loin le serment de l’Unité Paysanne qui a donné jadis le poids que l’on sait au monde Paysan alors que les divisions s’étalent aujourd’hui dans les médias.
La question des relations des agriculteurs avec les collectifs agricoles, traversée par de nouvelles formes de gouvernance, de représentation, de communication, devient un défi.
Là où il n’y a plus de désaccords, il n’y a plus de pensée. Mais au-delà des débats, dans le débat, l’enjeu, désormais, c’est la construction du commun. Redéfinir ce qui fait unité. Un défi de plus.
Laurent MINGAM