Edito : Novembre 2025 – Le prix de la formation

Dans de nombreuses organisations, on affirme que la formation est un enjeu stratégique, une priorité absolue, le levier du développement, de la performance collective et de l’innovation. Un levier indispensable, aussi, pour comprendre et relever les défis auxquels l’agriculture et les agriculteurs font face aujourd’hui et feront face demain.
Difficile d’être en désaccord.
Et les chiffres le confirment.

Oui, la formation est stratégique. Les rapports de l’OCDE ou de Deloitte démontrent qu’elle améliore directement la performance, avec des gains de productivité pouvant atteindre +24 % dans les entreprises. De nombreuses études montrent également que, bien au-delà des formations techniques ou métiers, les formations en développement personnel constituent un levier puissant de progression individuelle et collective.

Mais alors, si la formation est si stratégique, combien d’organisations la placent réellement au cœur de leurs axes prioritaires ? Cette priorité est-elle formalisée, mesurée, objectivée — en nombre de jours de formation, en budget prévisionnel dédié ? Dans combien d’organisations agricoles existe-t-il une ligne budgétaire « formation » clairement identifiée ? Chiche ! La fin d’année approchant, c’est le moment idéal pour l’inscrire noir sur blanc et faire de la formation un véritable axe stratégique — au-delà des incertitudes liées aux financements publics.

À l’Ifocap, nous observons de près les parcours des stagiaires, notamment dans notre formation certifiée Oméga. Si la formation ne garantit pas à elle seule la réussite, les témoignages sont sans équivoque : elle donne confiance, facilite le passage à l’action, apporte des méthodes concrètes pour faire mieux, ouvre des perspectives jusque-là floues, invisibles ou ignorées.

Et cet investissement en vaut largement la peine. Car si l’on peut débattre de ce que « rapporte » exactement une formation, une chose est certaine : le manque de compétences coûte toujours plus cher que leur acquisition.

Depuis 66 ans, l’Ifocap s’engage à donner aux responsables agricoles les moyens de mieux comprendre et maîtriser les enjeux sociologiques, économiques et politiques. Comme le rappelait déjà la revue Paysans en 1961 :
« Si l’on veut parler de démocratie, il faut que le dialogue puisse s’établir entre les pouvoirs publics et les milieux socio-professionnels par l’intermédiaire de responsables formés. »

L’investissement collectif dans la formation est donc un service essentiel. Son financement mutualisé ou public n’est pas seulement légitime : il est indispensable.

Laurent Mingam

Directeur de l’ifocap